Évoluez dans l’inconfort (partie 1/2)

Il y a environ un an, deux amis m’ont donné ce conseil :

Continue d’avancer, continue de progresser. Toujours !

Deux personnes qui ne se connaissent pas me donnent le même conseil à quelques jours d’intervalle. Je devais vraiment en avoir besoin.

J’ai suivi leur conseil : pendant toute une année, je n’ai pas cessé de faire des choses nouvelles et d’avancer. J’ai arrêté de fumer, j’ai commencé à apprendre le japonais et j’ai ouvert ce blog.

Il y a un point commun entre ces mini-exploits : pour réussir à progresser, j’ai dû sortir de ma zone de confort. Et c’est, je pense, la seule manière d’avancer

Un processus naturel

C’est ainsi qu’apprennent les bébés. Chaque jour, ils sont confrontés à des situations nouvelles et à des sons inconnus. Avant de devenir les êtres humains géniaux que nous sommes aujourd’hui, nous avons repoussé chaque jour les limites de notre savoir.

Si l’on était resté dans notre zone de confort, nous serions encore à nous chier dessus et à essayer de baragouiner trois mots. Mais au lieu de cela, nous sommes des gens raffinés parlant de manière distinguée et ne déféquant qu’aux endroits où il est socialement acceptable de le faire.

L’évolution naît de l’inconfort

En économie, d’après la théorie de la destruction créatrice, la croissance provient de nouvelles entreprises innovantes, qui poussent les entreprises établies à s’adapter pour survivre. Les entreprises en place sont éjectées hors de leur zone de confort. Le changement est alors inévitable. Et la société dans son ensemble bénéficie de ces évolutions.1

C’est également ce qui se passe au niveau biologique. Les êtres vivants évoluent vers des formes plus complexes car ils sont poussés à la frontière de leur zone de confort par leur environnement.

poisson évolution

Trop de changement tue le changement

Il est toutefois nécessaire de respecter un subtil équilibre. L’excès d’inconfort est également néfaste.

Si la température augmente d’un degré par millénaire, les animaux et les plantes ont le temps d’évoluer sur plusieurs générations. Mais si la température augmente d’un degré par seconde (genre « four à micro-onde »), l’organisme en question n’a pas le temps d’évoluer et à plutôt tendance à exploser.

Le dosage est une affaire de précision : trop d’inconfort et c’est la panique, trop de confort et rien ne change. Il faut sortir légèrement de notre zone de confort. Assez pour progresser, mais pas suffisamment pour rentrer dans notre zone de panique.

Zone de confort, zone d'apprentissage et zone de panique

Exemple de dosage

Prenons comme exemple l’apprentissage de la natation par un enfant humain. Trois cas se présentent :

  1. Zone de confort — L’enfant ne rentre pas dans l’eau car il s’aperçoit qu’il n’a pas de pattes palmées ni de branchies, et qu’il n’est donc a priori pas adapté au monde aquatique. Il reste tranquillement sur la terre ferme. Cependant, il ne saura jamais nager.
  2. Zone d’apprentissage — L’enfant est aidé par un adulte humain qui l’amène dans le petit bassin d’une piscine où il a pied, et lui montre les gestes de bases progressivement. Il apprendra à nager ce qui pourra lui servir un jour, si par exemple la majeure partie du monde se retrouve immergée.
  3. Zone de panique — L’adulte humain jette l’enfant dans l’océan en espérant qu’il apprenne à nager avant de se noyer et/ou d’être dévoré par les anguilles. Dans l’éventualité où il survivrait à l’expérience, il en demeurerait sûrement traumatisé et ne voudrait plus jamais s’approcher de l’eau.

zone de panique

Se jeter à l’eau

Pour apprendre, pour progresser, il faut faire des choses un peu nouvelles, un peu dangereuses, un peu inhabituelles.

Évidemment, c’est effrayant au début. Il faut se jeter à l’eau. Il faut commencer. Il faut dire à notre cerveau, à notre corps : « ça va pas être cool sur le moment, tu vas devoir bosser, faire des trucs nouveaux dans lesquels tu es mauvais mais il y aura un bénéfice sur le long terme… »

Pas très convainquant pour le corps qui préférerait rester allonger sur le canapé et l’esprit qui préférerait zoner devant la télé.


La deuxième partie : Évoluez dans l’inconfort (partie 2/2)

1. Jean-Baptiste Emanuel Zorg est d’accord avec cette théorie ()

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4 réflexions sur “ Évoluez dans l’inconfort (partie 1/2) ”

  1. Super article ! Une petite précision sur le Darwinisme : l’environnement n’a pas vraiment d’influence à l’échelle d’un individu. « Les populations évoluent, pas les individus. » Mais bon ça concerne l’aspect génétique seulement. J’aime beaucoup le concept des 3 zones ! 😉

    1. Merci hmka !
      C’est vrai que j’ai un peu déformé le darwinisme pour qu’il colle mieux à mes propos.
      En tout cas merci pour ton commentaire qui apporte plus de précision 🙂

  2. Mouais, cette hypothèse est sommaire et rend encore plus convaincante la pyramide des besoins essentiels d’Abraham Maslow.

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